Écriture

Michel Ange – La création d’Adam (plafond de la Chapelle Sixtine) – timbre indien (détail)

Écrire, pour moi, c’est un peu comme se laisser toucher par la grâce. Il faudrait -absent et présent à moi-même à la fois – me laisser traverser par l’écriture, laisser s’écouler les mots par ma main. Écrire sans avoir de compte à rendre à personne, ne prendre prétexte des faiblesses, limites ou impérities de quiconque. Écrire comme si jamais je ne devais être lu. Comme dans ces grandes traversées en montagne en solo, lorsque chaque pas mérite une attention, un investissement complet. Non parce que l’on me regarde ou me juge mais parce que chaque geste, chaque décision, compte, terriblement, vitalement parfois. Il me faut être à cent pour cent ‘dedans’, présent à moi-même, pas le choix. En marchant seul, pour moi-même, en écrivant pour moi-même, c’est là que je suis ‘juste’, que je sens instinctivement le point d’équilibre, lorsque mes crapahutes montagnardes ou scripturales m’emmènent sur des sentes particulièrement aériennes. C’est alors que parfois se déroulent les chemins magiques

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« Désuet ». C’est le terme qu’elles ont employé, toutes deux, pour qualifier la langue de mes écrits. Deux jeunes femmes, qui ne se connaissaient pas l’une l’autre ! La langue que je pratique est peut-être désuète, je n’en changerai pas. Mais j’aime qu’elle soit belle.

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Certains textes ou passages sont écrits dans un style qui pourrait sembler prendre quelques libertés avec ce qu’il est convenu d’appeler ‘la réalité’. Cela s’appelle de l’humour. Les conclusions qui pourraient être tirées de ces textes, à propos de l’auteur ou de ses spéculations, même et surtout au terme d’un processus logique consistant, seraient donc à considérer avec une certain réserve …

Le recours à l’humour facilite la distanciation par rapport aux récits partagés ou au ‘sens commun’, une certaine position ‘méta’ . Culturellement et mentalement proche du surréalisme, l’humour limite ou relativise le recours à la raison.

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Aucune écriture n’est innocente.

Thomas SANKARA (discours prononcé à la tribune de l’ONU – 1983)